Le récit du voyage |
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Notre périple à Pharaoh's Land commence, pour le moins, sous le signe de la déesse Patience, inconnue au panthéon égyptien, ou tout du moins, pas sous ce nom : le vol Egyptair Paris-Luxor du 8 février 2003 à 14h40 est retardé de près de 3 heures au décollage. On ne saurait faire mieux dans le style "grand bazar" d'autant plus qu'aucune précision ne nous est donnée avant 17h. Pourtant, Anaïs et moi, demeurons calmes, avec quelques collègues embarqués sur cette croisière organisée par la section Voyages. J'ai largement le temps de dénombrer un pourcentage un peu inquiétant de retraités quand même, au sein de notre contingent... Ca ne m’enchante pas, surtout pour mon adolescente de fille. Bon, on verra bien à l'usage ! ! ! Ne jugeons pas trop vite ! Nous continuons d'occuper notre glandouille comme on peut : manger à la cafétéria (un forfait de 16 € nous est offert avec le bon d’embarquement). A notre table, une famille turque attend, elle aussi, son vol pour Istanbul. Nettement plus chanceux que nous, ils connaissent la raison de ce retard : tempête de neige. Puis, nous partons à la chasse aux places assises dans la salle d’attente. Quand on peut enfin s’affaler sur une chaise, bouquins, revues, mots croisés et musique sortent des bagages à main… (désolée, je n’ai pas de tricot ! !)… et l’attente peut commencer sereinement entre rêvasseries, roman et matage de militaires, arme à l'épaule. De temps à autre, nous partons en quête d'information : mais-quand-est-ce-qu'on-part ??? Une sorte de langueur toute orientale commence à s'installer en nous : on verra bien …inch Allah ... A un moment donné, Nous finissons tout de même par savoir que Luxor est victime d'une tempête de sable et qu'il est donc impossible de décoller ni d'atterrir. Nous finissons par décoller - enfin - vers 21 heures… ! Je ne comprends toujours pas comment la quasi-totalité des voyageurs de ce vol a pu rester calme jusqu'au bout, à l’exception d’un type qui, vers 20h30, s’est énervé contre un employé de l’aéroport. Paris-Luxor, c'est 4 heures de vol. : bien placées puisque à côté d’une porte, nous pouvons toutes deux les jambes. Gé-nial. Dîner à bord. Assez vite, mes paupières se plombent. J’ai dû m'assoupir un peu. Ca m’a fait du bien. Ma fille se met à reluquer les stewards : « tu crois qu’ils sont beaux les Egyptiens ? ». Elle mate un grand maigre aux yeux de biche… qui la mate à son tour. Bravo ! ! Mais qu'est-ce que je vais raconter à son père !? Mon voisin de droite, la cinquantaine élégante, engage la conversation : il dit aller « faire quelques fouilles ». J’ai du mal à le croire, je ne sais pas pourquoi. Veut-il m’impressionner ou a-t-il quelques scrupules à avouer qu'il fait du tourisme de masse ? A l’arrivée vers 1 heure du matin, nous sommes pris en charge avec célérité et efficacité par l’agence. Je subis alors ma première arnaque : 1 € parce qu’un gars m’a déplacé ma valise de 3 m. Je mets ma faiblesse sur le coup de la fatigue. Ca fait cher le centimètre ! ! Bienvenue en Egypte.. ! Il y a un monde fou dans cet aérogare qui n'a plus rien à voir avec celui d'Orly Sud. Surpeuplé comme un lundi matin à la gare St Lazare, un bourdonnement polyglotte donne à croire que l’Europe s'est donné rendez-vous ici. Notre bateau est amarré à 7 kms de là. En montant dans le car, nous faisons connaissance avec notre guide : Hazem. Il parle un impeccable français. Notre bateau s’appelle « Sérénade " peut-être en hommage à la quasi-totalité de notre groupe qui travaille et ne vit que pour la musique… ? ? Les bagages pris en charge par le personnel du bateau. Rien à porter : un rêve !.. On prend un verre de jus de fleur d’hibiscus, le karkadé. Bon. Sucré mais pas trop. Il doit être 3 heures du matin quand Hazem nous annonce un changement de programme en raison de notre arrivée retardée. Donc, demain matin (enfin, ce matin), légère grasse mat’. Mais ce n'est plus qu'un vieux rêve quand nous apprenons que le petit déj’ n'est plus servi après 9 heures… Adieu donc, grasse mat’ fondue comme neige au soleil de Râ…. Belle chambre ! Sur un bateau, ça s'appelle une « cabine ». Super, on a même la télé. En « égyptien », bien sûr. Quand il y a des chansons avec danseuses, ça se laisse gentiment regarder. Pourtant, la clim’ fait un boucan d’enfer et je suis obligée de la stopper vers 5 heures, tellement je n’arrive pas à m’endormir.
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